André Jurénil

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André Jurénil est le nom de plume de Julien Renard né le 5 octobre 1867 à Roubaix (Nord), ouvrier sidérurgiste, mais aussi historien local et écrivain qui apporta énormément à la ville de Denain où il vécut jusqu'à sa mort le 4 décembre 1954.

Biographie

Julien Edmond Renard quitta Roubaix, sa ville natale en 1879 pour Denain. Le jeune homme ne doit rien qu'a sa volonté de réussir, car il est issu d'une famille modeste qui ne lui permit pas de bénéficier de l'enseignement secondaire et d’accéder à la faculté des lettres de Lille au sein de laquelle il serait devenu un de ses plus brillants étudiants. Riche de son seul idéalisme et uniquement soutenu par lui, curieux du passé de sa région, il fournira depuis ses débuts en 1883 sous le pseudonyme d'André Jurénil anagramme de son véritable nom, la belle carrière d'un historien doublé d'un poète.

De la classe 1887, il est incorporé le 10 novembre 1888 à l'âge de presque 23 ans, pour le 148e régiment d’infanterie basé à Verdun, nommé caporal le 16 août 1889, sergent le 11 août 1890, libéré le 23 septembre 1891 avec un certificat de bonne conduite, il passe dans la réserve de l'armée territoriale jusqu'au 30 novembre 1918.

Toute sa carrière professionnelle se déroula au sein de la société des Hauts Fourneaux qui deviendra Usinor Denain en 1948, le sidérurgiste doit prendre sur le temps de son repos pour animer toutes les manifestations de caractère populaire, on le trouve à la tête des initiatives locales, qu'il s'agisse de commémorer la victoire de Villars lors de la bataille de Denain ou d'ériger un monument à la mémoire de ceux tombés pour la patrie.

Publiciste, conférencier, il n'est pas de journal ou de revue ni de ville du nord qui n'ait reçu ses chroniques ou entendu sa parole. Ses sujets traitent toujours d’histoire locale ou régionale, d'archéologie, de beaux-arts et plus spécialement de musique.

Que ce soit par la plume ou par la parole, le point de vue auquel il se place est le développement de l'éducation générale telle que l'envisagent les formations postscolaires, mais sa physionomie tire son caractère de ce que, vivant au pays de la mine, il a mis en évidence les nuances particulières, la saveur, la richesse imagée et la malice du texte parlé.

En 1900, il crée le journal « Le Galibot ». Ayant discerné parmi les premiers la valeur littéraire des œuvres poétiques de Jules Mousseron à qui il conseille judicieusement d'écrire en rouchi, il s'attache à les faire connaître. À la mort de Jules Mousseron, en 1943, il se consacre à sa mémoire ; il crée à Denain le musée Mousseron inauguré le 25 novembre 1949 ; il y rend présent et parlant le souvenir du mineur poète devenu son ami. Œuvre personnelle de Monsieur Renard, le musée Mousseron est l'embryon d’où sortira un jour dans cette région de laborieuse et de rude industrie, le musée de la mine que l'on envisage d'y créer.

M. Renard, en assume bénévolement la conservation et l'oubli de ses intérêts achève de le peindre : des quelque cinq cents conférences auxquelles il a participé, il n'a jamais voulu qu'aucune ne soit rétribuée. Honorant sa ville de Denain, honoré de ses habitants à l'amélioration du sort desquels il se dévoue de longue date dans les œuvres sociales, nul n'est plus digne que cet homme de bien, au terme de sa vie et de sa carrière longue de soixante-deux ans, de recevoir les plus grands honneurs.

En 1947, le comité des fêtes de la Rue de Valenciennes (Maréchal Leclerc) crée le géant Cafougnette qui fut baptisé en 1948 dans la cour de la ferme Lambelin avec pour parrain André Jurénil, l'ami de Jules Mousseron.

Une prestigieuse décoration lui fut remise le 23 avril 1950 lors d'une cérémonie d'investiture organisée par la Municipalité de Denain et par les sociétés locales au théâtre de Denain au cours de laquelle André Jurénil était élevé au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur.

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Œuvre(s)

Histoire

Son œuvre principale se décline en trois tomes (initialement édités par l'Amicale Villars)

  • «Le 24 juillet 1712, la journée de Denain» (1932)
  • «Denain et l'Ostrevant depuis 1712» (1936)

Ces trois ouvrages ont été couronnés par l'Académie Française.

Mais également :

Poésie

  • La poésie Patoise en langage Wallon et Rouchi‎ (1926)
  • Lexique rouchi-français, suivi de "au long d'un an", poèmes en dialecte rouchi (1968 ? Posthume...?)
  • Au pays des hauts fourneaux. Valenciennes, Anzin, Denain. (1932)
  • Faux en écriture. Petits pastiches poétiques - (Éditions Maurice Carton.1939‎)

André Jurénil fut également l'un des secrétaires-rédacteurs de la «revue septentrionale de littérature & arts».

Hommage