Joseph Fortuné Séraphin Layraud

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Il est né le 13 octobre 1833 à La-Roche-sur-le-Buis (Drôme).

Il est le 6ème enfant d’une famille de 8. Son père est cabaretier et possède une petite exploitation de 15 hectares. À la mort de ses parents, 1848 pour le père, 1850 pour la mère, l’héritage favorise les 2 frères aînés restants. Fortunet Joseph est envoyé dans les alpages et devient berger jusque l’âge de 20 ans. Son aptitude, son goût, son besoin d’art n’échappent pas au curé du village qui le pousse dans cette voie. Le développement de ses qualités artistiques passe nécessairement par une grande ville : Marseille.

Joseph Fortunet réunit la somme nécessaire, 200 francs, en piégeant des bêtes sauvages dont il revend les fourrures. Hébergé chez un oncle à Marseille, il peut fréquenter l’école d’art de Marseille. Son travail lui permet quelques années plus tard d’intégrer les Beaux Arts de Paris. Le 18 octobre 1853, il revend ses droits successifs à ses 2 aînés. En 1856 il reçoit 800 francs du conseil général de la Drôme. Sa pension ne cessera alors d’augmenter, eu égard à ses succès.

Peut-être informé par son ami Léon Bonnat, que la ville de Valenciennes recherchait un professeur de peinture pour ses académies, Layraud pose sa candidature. Il arrive à Valenciennes en octobre 1892. Il est alors âgé de 59 ans.

Si la succession du professeur de peinture, Henri Eugène Delacroix démissionnaire est ouverte, il convient de respecter la procédure, qui veut que le successeur soit embauché à l’essai pour an. Avant l’arrivée de Layraud, plusieurs artistes s’étaient succédé dans la fonction, sans succès. Layraud est alors recruté en tant que professeur de peinture, professeur principal et non directeur de l’école, ce qui implique qu’il doit rendre des comptes à son conseil d’administration qui dirige l‘école. L’état qui subventionne la ville pour ses académies, a également son mot à dire. La nomination de Layraud est mal perçue : ne vient-il pas de la Drôme ? ne serait-il pas l’ami de Monsieur Loubet ? pour autant, Layraud va très vite s’intégrer à la société valenciennoise, s’y trouver très bien, et y rester jusqu’à sa mort.

Les raisons de cet exil nordiste ? Un investissement perdu dans une aventure à risque, celle du canal de Panama, et puis une compagne rencontrée lors d’un séjour au Portugal, compagne portée sur les attraits de la vie parisienne et ses tentations ; finalement, la vie en province pouvait s’avérer être le bon choix. Layraud coule des jours heureux en ville avec ses amis, hors de la ville avec ses amis chasseurs, parties de chasses pendant lesquelles il n’hésite pas à prendre le temps de croquer sites, couleurs, et paysages. Layraud fait partie de la commission du musée, et peint des portraits : Jules Mousseron, Émilienne Drue (1912) future Mme Ruffin, le chanoine Capliez (1912)... et de nombreuses personnalités valenciennoises.


Le 9 octobre 1856 
il est admis à l’école impériale des Beaux-Arts, chez le peintre Cogniet (46e sur 80).

En 1861, il obtient le 1er prix en demi-figure peinte aux Beaux Arts, concours majeur, récompensé en argent, qui lui ouvre d’autres horizons. Admis au concours de Rome comme logiste 4 fois :

  • 1860 second Grand Prix de Rome,
  • 1861, 1862, 1863 : 1er Grand Prix de Rome de peinture (Joseph reconnu par ses frères).
  • 1863, mauvaise année : Napoléon III doit organiser le « salon des refusés » où sont exposés les impressionnistes : Cézanne, Monet, Manet…. L’histoire de l’art ne retient que le « salon des refusés ».
1863 : mort de Delacroix, mort de Vigny, mort d’une certaine forme du romantisme, avènement du réalisme, mais c’est surtout la grande réforme des Beaux Arts qui vise à expulser la main mise de l’Institut sur l’enseignement des Beaux Arts pour l’ouvrir plus largement à la « modernité ». Donc une tout autre organisation de l’art que celle qui a prévalu jusque là. Le Salon, référence absolue en matière d’art, laissera place dans 20 ans à 4 ou 5 salons. Un monde est en train de s’écrouler.

À Paris, Layraud se lie d’amitié avec Pierre Dupont chansonnier, Gambetta et Émile Loubet.

Le 24 janvier 1864 
Layraud arrive à la Villa Médicis, il voyage : Pompeï, Naples...

En 1868, fin du séjour, mais il le prolonge. Plusieurs tableaux (les envois de Rome) sont présentés, ainsi que l’envoi de 5e année, qui justifie la prolongation de son séjour par les dimensions du tableau (6,40 m x 3 m). Ce tableau « Brigands et captifs » est exposé à Londres, puis à Melbourne, disparaît en 1980, et rayé des inventaires en 1992. D’autres tableaux : Portrait de Franz Liszt (sur fond de bitume qui détériore la peinture), Saint Sébastien (1869), Saint Jacques le Majeur (1895). Layraud rentre à Paris en 1870 ; Gambetta l’envoie suivre les troupes sur les champs de bataille de Champigny. Layraud voyage à Londres, est appelé à Lisbonne, et séjourne au Portugal de 1873 à 1877 : portait de Maria Pia reine du Portugal...

De retour en France, il réalise plusieurs portraits de la famille d’ Émile Loubet - Portrait de Pauline Saunier, compagne de Layraud - Diogène (1881) – la mort d’Agrippine - les noceurs en 1884 – la sculpture en 1886 – les puiseurs d’eau à Pompeï en 1896 – Forges et Aciérie de Saint-Chamond en 1889.

Le 31 juillet 1905 
20 000 valenciennois font un accueil triomphal aux deux lauréats du prix de Rome, Lucien Brasseur, 1er grand prix de Rome de sculpture, et Lucien Jonas, 2e grand prix de Rome de peinture. Sur le parcours de la gare, à l’hôtel de ville, les deux lauréats donnent le bras à leur maître, Layraud.

Layraud prend la parole en public lors de cette célébration, c’est une première pour lui, il en est très fier. Dans son discours, Layraud prédit « une ère de succès pour les peintres valenciennois que j’aperçois distinctement ».

Prédiction qui s’est révélée exacte et qui a vu éclore une génération de peintres brillants au début du XXe siècle. On a vu Jonas, Layraud pense en particulier à Pierre Boissart (22 ans en 1900) qui concourt pour le prix de Rome, se recentre sur le professorat de dessin, s’ensuit une brillante carrière de professeur et parallèlement, de graveur et de peintre.

Max Décrouez, né en 1878, professeur aux Académies de Valenciennes après la guerre de 1914-1918. Paul-Elie Gernez, ce dernier en 1930 décrit avec force détails quelques traits pittoresques de son maître, mais surtout reconnaît la qualité exceptionnelle de son enseignement. Maurice Ruffin, quant à lui, avec ses œuvres colorées, se trouve aux antipodes des 4 couleurs de base préconisées par Layraud.

Lucien Jonas (portrait de Layraud en 1910) illustre bien la qualité des relations qui lient le maître, 70 ans, et ses jeunes élèves, 15 ans. Fernand Membré, aquarelliste, portait par Layraud en 1898.

Autres élèves de Layraud: Grégoire Nicolas Finez, Arthur Guillez, 2ème Grand Prix de Rome, Georges Gonthier, Charles Hauville-Baudouin, René Leseurre architecte, Léon Jacquet d’Anzin, Ernest Roch, Florent Mereau, professeur à l’école des Beaux Arts de Douai ; chez les dames, Irma Mangeot, Jeanne Lemaire, Caroline Émilienne Drue, future Mme Ruffin...

Tombe de Layraud au cimetière Saint-Roch
En 1901, Layraud fait inhumer sa compagne Pauline Saunier, sa nièce en 1909, démissionne en août 1913 et meurt le 12 octobre 1913.

Le caveau se trouve au fond du cimetière Saint-Roch près de la tombe d’Ernest Hiolle.



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D'après 
http://cahv.asso-valenciennes.fr/article10/joseph-fortunet-seraphin-layraud-1833-1913



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Contribution Cercle Archéologique et Historique Valenciennes